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Montagnes éternelles

Le dernier livre de Mario Colonel rassemblant ses plus belles photos en Noir et Blanc du massif du Mont-Blanc aux montagnes de la chaîne himalayenne.

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Montagnes éternelles

La montagne et le Noir et Blanc. Pendant longtemps, je n'ai vu dans le Noir et Blanc qu'un technique ancestrale, un relent du passé  qu'il fallait absolument gommer. Sur les photos, on distinguait des montagnes froides et glaciales, presque mystérieuses, des vides béants franchis par des alpinistes à bandes molletières, les bérets vissés de travers et des gueules de guides ressemblant à des flibustiers. Pour moi ,c'était donc comme un air de Mozart, mélodieux, bien équilibré, entraînant mais de facture trop classique...

J'ai donc plongé avec délice, comme toute ma génération, dans le Kodrachrome, puis l'Ektachrome, avant bien évidemment d'adopter la fameuse Velvia qui donnait au moindre sommet des aspects de montagne wagnérienne. Saturation des couleurs, granulation chromatique, je ne voyais dans ces pointes d'altitude que le lumière dans ces moindres nuances. Sans le savoir, j'étais devenu un chercheur de couleurs, collectionnant les teintes et plus j'en avais, plus j'en voulais. Un peu à l'image de cette époque qui fit de nous des consommateurs impénitents...

Il a fallut qu'on me propose une exposition en Noir et Blanc il y a quelques années, pour que je relève le défi et me plonge dans le monochrome. Les photos à peines accrochées, ce fut un immense succès. Avec ce symbolisme primaire, les visiteurs repartaient enchantés, transcendés par l'essentiel. J'ai réalisé que moi aussi je découvrais mes propres photos... Dans la simplicité des lignes et des jeux d'ombre, je me suis alors aperçu que le Noir et Blanc traduisait l'indicible. La force des versants, la lumière qui touche l'adret et oublie l'ubac. Le nord encore parcouru de frisons, et le sud déjà surchauffé par le soleil. Même les nuages étaient des voiliers cotonneux en transit. Quant aux cimes acérées, on pouvait se couper sur leur tranchant. Les alpinistes et les skieurs devenaient, eux, des signatures temporelles. Tout était dit en simples nuances, sans fioritures. Comme dans ces discours de montagnards qui, en quelques mots, vous résument une vie ou une passion.

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