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Portrait du photographe

marioMario Colonel, photographe professionnel et auteur d'une quinzaine de livres, spécialiste des photos en montagne (Ski, Alpinisme, Randonnées, Escalade, VTT, Paysages).
En 2007, il ouvre sa galerie de photos à Chamonix, où il s'est installé à 25 ans.

"Ce qui m'importe c'est d'aller toucher l'horizon. Etre en haut pour voir ce
qu'il y a de l'autre côté, et découvrir une autre crête à gravir encore plus haute. Mon travail de photographe c'est d'offrir aux autres le prochain horizon…
"

 

Comment es-tu devenu photographe de montagne?
A 16 ans, au lycée, à Grenoble, je suis devenu copain avec un garçon qui voulait devenir guide de haute montagne. A l'époque, je ne sais ce que c'est, ma famille n'est pas spécialement montagnarde. Avec lui pendant quatre ans, je vais me lancer à fond dans l'alpinisme. Au début je ne faisais pas de photo, j'emportais juste un petit Rollei 35 dans ma poche pour sauvegarder les souvenirs de nos courses. A vingt ans, j'ai fait la traversée du Cervin et j'ai proposé les images réalisées avec ce compact à Montagne Magazine. Ils ont aimé et j'ai décroché ma première vraie publication. Rapidement tout s'enchaîne, j'obtiens un poste de pion à Chamonix et, en parallèle, je fais des reportages, texte et images, pour Mont-Blanc Magazine. puis j'effectue mon service militaire à Chamonix. A ce moment-là, j'hésite entre l'envie d'être guide et celle d'être journaliste-photographe. Par manque d'entraînement, je rate le dernier échelon de la formation de guide de haute montage, et à 25 ans, je décide de me spécialiser dans la photo de montagne.

Dès l'origine tu as été un photographe "ultra-spécialisé" en photos de montagne…
Pour ce type de photo, c'est obligatoire de se spécialiser et d'être à 100% dans la montagne. C'est la montagne qui m'a amené à la photographie. Mes amis sont des guides ou des passionnés d'alpinisme plus que des photographes. Tous mes projets sont liés à des montagnes. J'y suis bien, c'est mon équilibre. Mais je reste fondamentalement un reporter.

 "J'aime relier l'humain au paysage, mais pour moi c'est le paysage qui compte."

Comment organises-tu tes prises de vue?
Toutes les idées de prises de vue viennent de moi. Par ma formation, je connais de nombreux guides à Chamonix. Ensemble, on fait des courses rapides. En tant que photographe de montagne, je suis toujours dans l'action. Il est donc très important d'être entourer de personnes compétentes qui veillent sur la cordée.

"En montagne, chacun se dévoile. Une belle cordée transmet une émotion absolue
et une idée de la fraternité. Il y a l'homme, l'espace et un message spirituel :
qu'est-ce qu'on vit là-haut, qu'est-ce qu'on ressent ?
"

Tu ne pars jamais seul?
Non jamais. autant pour des questions de sécurité que pour avoir quelqu'un qui m'aide à porter mon matériel. On part généralement à quatre, en deux cordées de deux. Cela me permet aussi de photographier l'autre cordée. Je fais aussi des photos de randonnées, mais là aussi il me faut un compagnon de balade. En effet, si tu pars seul, tu ne fais qu'un seul type de photo : du paysage. Si tu pars à plusieurs, tu en fais plus de l'illustration avec des personnages en situation de marche ou des silhouettes devant un paroi. Une telle image, si tu te débrouilles bien, tu peux la placer dans une dizaine d'endroits différents : en presse spécialisée française et étrangère, en publicité, en poster, en édition, en carte postale, en agence illustration, en catalogue…

En dehors de l'aspect commercial, qu'est ce qu'une "bonne" photo de montagne pour toi?
Quand on me dit devant une de mes photos : c'est beau! Cela me suffit, je suis heureux, j'aime que les gens partagent ce sentiment de beauté que j'ai ressenti au déclenchement. Sinon pour moi, une "bonne" photo est une photo qui transcende l'esprit, qui t'emmène ailleurs. Elle transmet une émotion absolue et une idée de fraternité. Malheureusement les montagnes sont souvent considérées comme des lieux de danger permanents et d'accès difficile, alors que c'est le plus bel endroit au monde pour vivre certaines relations humaines. Dans une course de haute montagne, chaque homme se dévoile. Tu vois la réaction de chacun. Quand une belle cordée monte, je ressens le rapport entre l'homme et l'espace : ces silhouettes perdues dans l'immensité m'interrogent : qu'est ce qu'on vit là-haut? Qu'est-ce qu'on ressent? Quand j'atteins le sommet, j'ai l'impression de toucher le ciel. C'est éminemment spirituel : l'œil est le reflet de l'âme et l'appareil photo est le prolongement de mon œil, cela ne peut pas être anodin!

 "Dans la simplicité des lignes et des jeux d'ombre, je me suis aperçu que le noir et blanc
traduisait l'indicible, l'essentiel. Même les nuages devenaient moins anodins,
ils étaient des voiliers cotonneux en transit…
"


Comment en es tu venu à ouvrir ta galerie à Chamonix?
J'ai toujours été pigiste indépendant. J'ai d'abord vendu mes photos à la presse mais aussi à des marques pour des pubs ou des catalogues. Au début des années 2000, tout a changé. J'ai reçu un coup de fil de "Pêcheurs d'images", ils ont commencé à diffuser mes photos sous forme de posters. En sept ans, ils en ont vendu plus de 100 000! De mon côté, à ce moment-là, je commençais à penser à monter une galerie. Je me suis dit qu'il fallait faire pour la montagne, ce que Plisson avait fait pour la mer.
En 2007, mon projet se réalise grâce à un parrain financier, j'ouvre la galerie au centre de Chamonix. En 2012, ce parrain et ami m'aide à nouveau pour l'agrandissement de la galerie. Aujourd'hui cet espace représente plus de 200 m2 dédié à mes photographies. Mais nous avons aussi exposé les fabuleuses photos de Vincent Munier ainsi qu'une série de tirages d'Olivier Föllmi. Nous exposons également les œuvres de Paolo Albertelli et de Roland Cretton.

 Revenons à des considérations plus bassement… matérielles! Avec quel appareil travailles-tu aujourd'hui? es-tu passé à 100% au numérique?
Longtemps, je n'ai fait que de la diapo, de la Fuji Velvia 50. J'étais alors équipé en Nikon F5 pour le 24x36 et j'avais deux boîtiers moyen-format, le Fuji 6x17 pour les panoramiques et le Mamiya RZ pour le 6x7.
Dans les années 2002-2003, je suis passé en numérique, j'avais une vraie curiosité pour cette nouvelle technologie, j'ai voulu l'essayer avec le premier EOS-1D. J'ai utilisé les deux technologies en parallèle pendant 2-3 ans, et depuis 2006 environ, j'ai basculé en tout digital, avec le EOS-1DS Mark I puis Mark II.
Depuis quelques temps, on me demande de plus en plus de tirages grands formats (3 m de large). En 2013, pour répondre à ces demandes j'ai testé le Nikon D800E  que j'ai ensuite adopté pour le piqué de ses photos.

 Extrait de l'interview  Réponse Photo n°217 Avril 2010 - Eric Bouvet et de Jean-Christophe Béchet dialoguent avec Mario Colonel.

Mario Colonel  Editions, 19 rue Whymper, 74400 Chamonix
Tel/Fax : 04.50.91.40.20
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